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Histoire

28-09-2017
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Nous situerons la première période à la fin du 18ème siècle. A cette époque là, est-il besoin de le rappeler, il n'existait qu'une « organisation maçonnique », celle du Grand Orient de France structurée en tant que telle en 1773. Peu à peu les Loges bleues travaillèrent, quoique avec de nombreuses variantes, au Régulateur du Maçon de 1801, déjà fixé dès 1785. Il s'agit du rite français.

C'est dans cette période que le Grand Orient de France se dote d'un système de Hauts Grades correspondant au Rite Français. Suivent la naissance du Régime Ecossais Rectifié en 1778 et du Rite Ecossais Ancien Accepté en 1804, qui sont également reconnus par l'Obédience.

Puis un certain nombre de loges vont développer sous diverses influences ou filiations spiritualistes, kabbalistiques, ésotéristes, etc. des systèmes de Grades originaux qui s'inspireront de tel ou tel courant venant parfois de traditions plus anciennes. C'est le cas évidemment des courants égyptiens.

Plusieurs Rites ou Ordres ont donc existé à la fin du 18° siècle et faisant très vraisemblablement suite à divers courants mystiques non maçons beaucoup plus anciens. C'est le cas par exemple en 1767 des Architectes africains, en 1780 du Rite primitif des philadelphes, en 1785 du Rite des parfaits initiés d'Egypte, en 1801 de l'Ordre sacré des Sophisiens et en 1806 des Amis du désert. Ces Rites, connus pour quelques uns, s'inspiraient de ce que l'on appelait à cette époque la tradition égyptienne, mais qui était une association de traditions du Moyen Orient, telles qu'elles étaient comprises à travers les textes et études alors connues. C'est le cas par exemple du « Séthos » de l'Abbé Jean Terrasson (1731), « l'Oedipus aegyptianicus » d'Athanase Kircher (1652) et du « Monde primitif » de Court de Gébelin (1773). La Kabbale judéo-chrétienne, l'hermétisme néo-platonicien, l'ésotérisme, les traditions chevaleresques et autres trouvaient là une source naturelle d'expression. Toutes ces influences sont à prendre en compte, lorsque l'on souhaite comprendre l'état d'esprit des Obédiences Egyptiennes et les enjeux qui s'y développeront dans les siècles qui suivirent.

La seconde période, débuta au début du 19° siècle, siècle qui se conclu par l'apparition de nouvelles formes obédientielles, les deux plus importantes étant le Droit Humain (1892) et la Grande Loge de France (1894). Misraïm, très minoritaire certes, avait déjà anticipé ce mouvement en se constituant comme Puissance Suprême dès 1815.

 De 1810 à 1813, les frères Bédarride développèrent le rite de Misraïm en France. Sans entrer dans les détails encore controversés de l'origine de leur transmission et des chartes dont ils furent les dépositaires, il semble que leur système ait convaincu divers maçons, dont Thory et le Comte Muraire, qui les mirent en relation avec d'autres maçons du monde écossais. Quelques Loges furent créées. Mais divers problèmes de détournement des fonds de la part des frères Bédarride poussèrent de nombreux frères à se retirer et à fonder une nouvelle Puissance Suprême égyptienne qui demandera en 1816 et sans succès à être admise au sein du Grand Consistoire du Grand Orient de France. Le rite de Misraïm poursuivra son histoire avec des hauts et des bas jusqu'en 1822, date à laquelle il est interdit. En 1831 après quelques années de clandestinité, le rite obtint le droit de se reconstituer, mais seules 4 Loges parisiennes y parvinrent. (L'Arc en ciel, Les Pyramides, Le Buisson ardent, Le Conseil des angles) En 1848, les Loges ne s'étaient pas encore réellement développées.

Quant au rite de Memphis, il naquit peu avant 1838, sous l'influence de Jean Étienne Marconis de Nègre (1795-1868). Comme pour le rite de Misraïm, son origine est incertaine.  L'autorité de Marconis pourrait lui venir de son père par l'intermédiaire d'une Grande Loge du rite de Memphis qui aurait tenu ses travaux de 1815 à 1816. Son père aurait également été Grand Maître du rite de Misraïm, mais c'est tout de même fort peu probable. Quoi qu'il en soit J.E. Marconis de Nègre, expulsé de Misraïm, fonda en 1838 l'Ordre de Memphis dont il devint le Grand Maître et Grand Hiérophante. En 1841, sur la dénonciation des frères Bédarride, le rite de Memphis fut interdit en France sous l'accusation d'afficher des sympathies républicaines. En 1862, répondant à l'appel du Maréchal Magnan, Grand Maître du Grand Orient de France, pour l'unité de l'Ordre Maçonnique en France, Marconis proposa la réunion de son rite à l'Obédience, ce qui fut fait la même année : les Loges qui composaient l'Obédience se réunirent au Grand Orient de France qui en devint par la même occasion, le dépositaire. Marconis de Nègre abdiqua alors de sa charge de Grand Hiérophante. On sait peu que les descendantes de certaines de ces Loges existent encore, comme celle qui devint les Inséparables du progrès. Le rite de Memphis resta toujours présent au Grand Orient de France et le Grand Collège des Rites compta toujours une section Memphis et Misraïm reposant sur un « Gardien du rite » 33°. Elle prit ensuite la forme d'une Commission des Rites de Memphis et Misraïm élue parmi les membres du Suprême Conseil, conservant ainsi les droits du Grand Orient de France sur cet héritage des Rites Egyptiens.

Nous n'entrerons pas dans les nombreuses et complexes ramifications à l'étranger de ces deux rites, mais sachons simplement qu'ils donnèrent naissance à de nombreux rameaux qui pour certains se perpétueront jusqu'à aujourd'hui.

Tandis que le rite de Memphis était intégré au sein du Grand Collège des Rites du Grand Orient, le Souverain Sanctuaire de Memphis aux USA reçut une reconnaissance officielle du Grand Orient de France et prit le nom de « Rite Ancien et Primitif de la Maçonnerie ». Sous la Grande Maîtrise de Harry J. Seymour, de nombreuses loges furent ouvertes aux USA, mais également partout dans le monde. En 1872, Harry J. Seymour établit un Souverain Sanctuaire pour la Grande-Bretagne et l'Irlande avec John Yarker comme Grand Maître. En 1881, Yarker reçut une charte du rite réformé de Misraïm de Pessina en échange d'une charte de Memphis, au moment où le Général Garibaldi était nommé Grand Hiérophante des deux rites. On peut dater la fusion officielle de ces deux rites par cet échange de chartes et la caution morale de Garibaldi. Il s'agit toutefois plus d'une modification de Memphis, qu'une réelle fusion des deux rites. A la mort de Giuseppe Garibaldi, Yarker devint Grand Hiérophante Général du Rite de Memphis-Misraïm.

Dans la seconde partie des années 1990, l'histoire de Memphis Misraïm entra alors dans une période mouvementée, en grande partie due à la superposition de systèmes et d'équivalences internes (Maçonnerie de Memphis-Misraïm, Martinisme, Gnosticisme, Elus-Cohens, Chevalerie, etc.). La confusion faite entre ces différents systèmes, très perceptible dans certains grades, un mode de fonctionnement pyramidal basé sur un souverain sanctuaire et associée à une direction à vie rendirent l'Ordre très instable.
Nous ne développerons pas ici les nombreuses scissions à l'initiative de frères titulaires de Hauts Grades, remarquons simplement qu'elles conduisirent le rite à être de plus en plus incompris et rejeté par les obédiences principales. Pire, les problèmes rencontrés par les groupes maçonniques travaillant à ce rite, rendirent suspect non seulement ces structures mais par identification, le rite lui-même. Or l'historique que nous venons de retracer montre son intérêt, sa richesse initiatique, ésotérique et symbolique.

Des scissions toujours plus nombreuses apparurent jusqu'en 1999 où un petit nombre de Loges se rapprochèrent du Grand Orient de France, tant par affinités personnelles que philosophiques. En 1999, sous la Grande Maîtrise du Sérénissime Grand Maître Philippe Guglielmi, se concrétisa l'intégration de ces ateliers, ainsi que le réveil de la patente du rite égyptien détenue par le Grand Orient depuis 1862, afin de constituer un pôle de stabilité au Rite et de maintenir vivant un des éléments du patrimoine du Grand Orioent De France et l'un des constituants historiques de la franc-maçonnerie universelle.

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Vous êtes sur le site du Grand Ordre Egyptien du Grand Orient De France, juridiction de « hauts-grades » maçonniques travaillant au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm pratiqué selon une échelle en 33 degrés établie par Jacques-Etienne Marconis, fondateur du Rite de Memphis, lorsqu’il entra dès 1862 au Grand Orient de France avec son rite.

(Lecture de ce texte possible ici sur une page écran)

S’il est vrai que le Grand Orient de France s’intéresse au fait sociétal, il n’a pas pour autant oublié sa dimension initiatique.

C'est ainsi qu'il accueille ce rite maçonnique très riche dans sa symbolique, rite qui s’intéresse à l’hermétisme au sens des sciences d’Hermès Trismégiste. Les rituels et les travaux plongent le cherchant véritable dans l’Egypte alexandrine creuset des cultures, philosophies et religions de l’Egypte Ancienne, de la Grèce Antique, de la Mésopotamie et de l’Asie Mineure. Les Travaux de l’Académie Platon ou des Médicis sont aussi réactivés. Cette quête conduit nombre de participants vers la fameuse inscription qui ornait le temple d’Apollon à Delphes « connais-toi, toi-même, et tu connaitras l’Univers et les Dieux ».

Pour cela, le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 33 degrés n’emprunte rien aux autres rites. Contrairement à l’échelle en 95 degrés du même rite, celle en 33 degrés n’utilise pas les grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Les rituels n’ont aucun lien avec la légende d’Hiram ou toute autre connotation judéo-chrétienne puisque ses fondamentaux sont pré-chrétiens.

En 1999, le Grand Maître du Grand Orient De France, Philippe Guglielmi, a décidé du réveil du Rite Egyptien au sein de l’obédience.

Ce travail a été réalisé avec l’aide de son Premier Grand Maître Adjoint, Ludovic Marcos, fin connaisseur des structures pratiquant ce Rite et fondateur du Grand Ordre Egyptien.

Offrir une voie de recherche spirituelle, à l’abri des valeurs de démocratie du Grand Orient de France est le défi que nous avons relevé, visiblement avec succès.

Raison et Spiritualité. C’est cette approche que s’attache à promouvoir le Grand Ordre Egyptien. Et en cela, il s’inscrit parfaitement dans le mode de fonctionnement du Grand Orient de France.

La Franc-maçonnerie Egyptienne telle que pratiquée au sein du Grand Ordre Egyptien se propose de concilier deux visions du monde souvent vécues comme complètement différentes : la vision rationnelle et la vision spirituelle.

Memphis et Misraim  puisent  symboliquement dans l’Egypte Alexandrine. Pendant fort longtemps, Alexandrie demeure dans l’imaginaire la capitale intellectuelle et spirituelle d’une partie du monde méditerranéen.  (le phare, la bibliothèque…). Les femmes tenaient également un rôle non négligeable dans ce grand mouvement. La figure la plus importante est sans doute celle d’Hypatie. Cette grande initiée de l’école Néo-Platonicienne,  assassinée en l’an 415.

Ce sont ces mythes qui fondent un rite maçonnique tel que le nôtre et qui en forgent  ses valeurs.

Au regard de cette tradition,  le Grand Ordre Egyptien, conservateur du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm  au sein du Grand Orient de France dans une échelle en 33 degrés intègre des apports philosophiques, hermétistes, de la Grèce antique, propres à cette culture méditerranéenne dont il est issu et  qui constituent parfois une face cachée de l’Histoire de l’Occident mais aussi un refus du religieusement correct, et un guide vers une  spiritualité libre.

Nombreux furent les maçons égyptiens, inspirés par ces principes de sagesse qui combattirent pour la liberté : Parmi ceux-ci nous pouvons citer notre F. Louis Blanc qui en 1848 institua les ateliers nationaux afin de rendre effectif le droit du travail, notre F. Pierre Leroux inventeur du terme « socialisme » en 1834 qui souhaitera un socialisme républicain, c'est-à-dire qui fasse toute sa place à la liberté tout en prenant l'idéal d'égalité dans son sens le plus exigeant, le sens social, notre F. Jacques Ragaigne, membre de la Commune de Paris. Mais le plus connu est sans nul doute note F. Joseph Garibaldi : « le héros des deux mondes ».

Le travail pour les FF. Egyptiens au sein GODF, consiste ainsi à rechercher une certaine sagesse en prenant appui sur l’étude des traditions, des mythes, des sciences et des philosophies. Ceci afin de se parfaire sur la voie de l’initiation individuelle avec comme objectif commun : conduire l’humanité vers une forme de perfection civique.

Pour le Franc Maçon Egyptien, Membre du Grand Orient de France commence alors  un voyage solitaire mais solidaire, intérieur mais ouvert sur les autres et le monde.

 Le GODF est une fédération de rite et c’est pour nous une très grande chance. Une chance que le GODF ait fait le choix de revenir à la tradition des Hauts-Grades de Memphis-Misraim en fondant le Grand Ordre Egyptien au début des années 2000. Ce rite est une partie vivante de notre patrimoine maçonnique et nous sommes heureux que notre obédience ait su réveiller notre rite au prix d’un réel travail historique et dans le cadre d’une démarche initiatique cohérente.

A ce jour, fort de plusieurs centaines de membres, sans compter les Obédiences amies à qui le Rite a été transmis, rayonnant sur les cinq continents, en parfaite relation avec les juridictions de hauts-grades de la franc-maçonnerie mondiale, le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 33 degrés a su imposer une vision.

Même s’il existe des clefs permettant d’aller vers ce qui est intérieur, ce qui est ésotérique, le parcours initiatique correspond à une progression personnelle et donner de suite les clefs ne serait pas forcément un élément de motivation pour le véritable cherchant.

Car ce n’est pas le but de la quête qui est important, seul le chemin compte.

De même que l’enseignement véritable n’est pas une accumulation de savoirs, aucun maître ne peut faire le chemin pour quelqu’un d’autre.

La volonté affichée par les Frères, les Soeurs, du Grand Ordre Egyptien est de vivre le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm en 33 degrés dans la simplicité et l’humilité du cherchant, selon le mode associatif et un schéma démocratique.

Il convient en cela de remercier ceux qui ont œuvré sincèrement à ce succès. La Franc-Maçonnerie, c’est aussi une école de la vie, une école de la philosophie, une école de la République, de fait une école du vivre ensemble.

Note : Pour rejoindre le Grand Ordre Egyptien, il faut posséder le grade de Maitre Maçon depuis au moins 3 ans et être membre du Grand Orient De France.

 

Pour nous contacter
Grand Ordre Egyptien du Grand Orient de France
16 rue Cadet
75000 Paris
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